Littérature, Twittérature

La ville monochrome

Bonjour à tous,

Me revoilà avec une nouvelle twittstory. Elle a été écrite dans la foulée de la précédente: Le Chat et la ville d’encre. Vous y retrouverez donc des similitudes. 

J’espère qu’elle vous plaira. N’hésitez pas à me donner votre avis.

La ville monochrome

Je fais souvent un rêve étrange.

Je me retrouve seule dans les rues d’une ville en noir et blanc. Aucun soleil n’y brille, aucune lumière n’y filtre.

Il y a cependant une touche de couleur, une seule. Deux joyaux brillants m’attirent vers eux, ils me séduisent de leur éclat irréel.

Je les poursuis à travers la ville monochrome mais toujours ils m’échappent au dernier moment. Alors je continue ma course effrénée.

Autour de moi, la ville se décompose. Elle essaie de m’étouffer, de m’ingérer, de me faire devenir une partie d’elle-même.

Trop obnubilée par ma quête, je ne le remarque pas. Je ne vois pas que ma peau perd de sa couleur miel, que mes vêtements ternissent.

Quand j’arrive enfin à attraper les deux joyaux, je me rends compte que je n’en veux plus. Debout devant un miroir je me vois.

J’ai perdu toutes mes couleurs. Je fais désormais partie de la ville monochrome. Je veux me réveiller mais n’y parviens pas.

Je ne rêve pas. L’étrangeté de la ville monochrome m’a changée. Je suis devenue elle, elle est devenue moi.

Désormais étrangère à mon propre moi, j’erre sans but dans la ville monochrome. Deux joyaux brillants sont les traces de mes larmes.

Ceinwynn 

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1 thought on “La ville monochrome”

  1. Que dire de beau tout en essayant de faire en sorte que la longueur de mon commentaire ne dépasse pas celle de ta merveilleuse histoire ???

    Presque un cauchemar, tant cette ville, allergique à la lumière et à la richesse des couleurs, semble absorber et digérer tout ce qui cherche à lui donner un peu de beauté. Presque à l’image de ce que nous sommes tous les jours : en quête de l’illusion d’un monde meilleur, symbolisé ici par le joyau que tu ne cesses de poursuivre, avant de réaliser la vanité de ladite illusion au moment de regarder le joyau de plus près pour y déceler, sans doute, le reflet de tes propres défauts. À croire que l’Homme soit condamné à errer dans l’insatisfaction perpétuelle parce qu’obtenir le bonheur sans n’avoir plus rien d’autre à faire que de chercher à surmonter quelque difficulté ou malheur rendrait l’existence si ennuyeuse que chacun d’entre nous serait tenté de se chercher à nouveau des raisons de se la compliquer.
    Presque une métaphore parfaite de notre interaction avec un monde de plus en plus urbanisé qui, pour être au moins indirectement le fruit de notre mode de vie et de notre désir de confort, de prospérité et d’activité, s’impose à nous, parfois jusqu’à détruire notre individualité. En cela, il y a effectivement beaucoup de similitudes avec ta précédente histoire « Le Chat et la ville d’encre » où le chat arrivait toujours, par ses charmes ensorcelants, à ramener à la ville même ceux qui avaient passé leur vie à rêver de s’en extraire, tout en entraînant dans son sillage toujours plus de nouveaux arrivants en quête de ce à quoi ils n’avaient même pas aspiré… !

    Enfin et surtout, il y aurait là presque un dur retour à la réalité si ce rêve (ou ce cauchemar) n’avait pas, carrément, une dimension franchement prémonitoire, encore plus cruelle que la réalité quotidienne, au point que tu cherches à te réveiller pour t’extirper de la vision qu’il t’inflige. Pour ma part, je ressens, en effet, quelque-chose de prémonitoire dans l’idée que la ville, non contente de t’ingérer jusqu’à ce que tu te sentes étrangère à toi-même, finisse, elle-même, par se décomposer et par devenir l’ombre de ce qu’elle serait censée être… Sans compter les larmes, symbole de tristesse et d’impuissance par excellence… !

    Tu as ce formidable don de savoir exprimer, par des mots et des formules si simples, toute la complexité de la vie, tout comme tu arrives si merveilleusement à en décrire la beauté ordinaire par les mots qui accompagnent tes photos. Merci, donc, également pour cette contribution-ci, au plaisir de te lire encore longtemps, et très, très belle journée à toi, ma chère Ceinwynn !!!

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