Critique, Littérature

Nord Alice de Marc Séguin

Nord AliceBonjour à tous,

La dernière fois que je suis allée chez mon libraire, j’ai demandé une suggestion. C’est très rare que je le fasse, je suis plutôt du genre à « flasher » sur un livre et à l’acheter.
Mais je voulais découvrir des auteurs québécois. La libraire m’a conseillée « Nord Alice » de Marc Séguin  édité chez Leméac dont voici la 4ème de couverture:

« Le narrateur est obsédé par Alice, médecin comme lui, dont il n’arrivera jamais à calmer les angoisses. Lorsqu’il la laisse à Queens, c’est pour se retrouver à Kuujjuaq, son monde à elle. Entre deux patients, quand il n’en peut plus de penser à elle, il consomme des femmes sur le web – des centaines de femmes – ou va pêcher. Là, enfoncé jusqu’à mi-cuisse dans les eaux d’un torrent ou le ventre étendu sur la banquise qui fond, il calme sa faim en mangeant du poisson cru. Et il remonte le temps, pour essayer de s’expliquer. Il s’invente une histoire, s’inspirant des hommes qui l’ont précédé, depuis Roméo, l’arrière-grand-père, le premier de sa généalogie à avoir tué un homme, sur les rives du Klondike. Quelles traces ont laissées ceux qui ont traversé les années avant les nôtres ? Que sème-t-on derrière soi dans la fuite ?
Le Nord que propose Marc Séguin n’est pas seulement blanche immensité et splendeurs boréales ; ce Nord est aussi celui de l’exploitation d’uranium et des excès d’alcool. Mû par un profond respect pour le territoire et ceux qui l’ont marché pendant des siècles, l’auteur de Nord Alice témoigne néanmoins d’une déroute. Mais, justement, c’est peut-être jusqu’au bout de ses échecs qu’on devrait avoir l’humilité d’aller pour se trouver. »

La libraire me l’a présentée comme une histoire d’amour. Je me suis laissée tenter mais sans conviction. J’aurais mieux fait de m’écouter. Je n’arrive pas à entrer dedans. Le narrateur mélange histoire familiale, souvenirs de sa relation avec la fameuse Alice et récit de sa vie de docteur dans le Grand Nord Québécois. Pour moi, c’est beaucoup trop décousu, je n’arrive pas à faire le lien entre les différentes histoires. Pourtant, l’écriture est belle et les différents strate de narration aussi. Mais j’ai l’impression que chacune d’elle aurait pu faire l’objet d’un récit à part entière au lieu de s’éparpiller. Je me force à aller au bout; je ne suis pas certaine d’y arriver, c’est rare.
J’aime beaucoup la partie se déroulant à Kuujjuaq et la description amorcée des conditions de vie des Premières Nations fait froid dans le dos. Cet aspect est très peu connu des Européens mais le Canada et le Québec ont bien du mal à vivre avec les descendants des Indiens décimés lors de la conquête du continent. Dommage que Marc Séguin n’utilise cet arrière plan socio-culturel que pour faire écho à la violence d’Alice.
Les récits de famille du narrateur parcourent l’histoire canadienne: ruée vers l’Or dans le Klondike, Seconde Guerre Mondiale pour continuer vers l’époque actuelle. J’en suis actuellement à la période des années 50.
L’histoire d’amour entre le narrateur et Alice est censée faire le lien entre les deux mondes: celui des Blancs et des Indiens, enfin je crois. Les souvenirs épars du narrateur entrecoupe le récit comme un cheveu sur la soupe.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas convaincue par ce roman un peu trop décousu pour moi. Peut-être méritera-t-il une seconde lecture si j’achève la première. Si par contre, l’auteur voulait développer l’expérience de médecin du narrateur à Kuujjuaq dans un récit à part, je serai partante à coup sûr.

Ceinwynn

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