Critique, Littérature

Les gens heureux lisent et boivent du café

imagesBonjour tout le monde,

Une éternité après tout le monde ou presque, j’ai finalement lu « Les gens heureux lisent et boivent du café » d’Agnès Martin-Lugand. Je me souviens du battage lors de sa sortie mais bizarrement impossible de me souvenir de quoi le roman parlait … Mais j’aimais le titre (je bois beaucoup de café) et la couverture donc je me suis lancée.
Et là première surprise: il s’agit d’un roman à l’eau de rose alors que je m’attendais à un roman sur la résilience et l’écriture. L’héroïne fuit en Irlande pour oublier le décès de sa fille et de son mari et y retrouve l’amour. Mais bon, cela se passe en Irlande (mon pays rêvé avec l’Ecosse) donc je continue. Je dois avouer que je l’ai dévoré en deux heures. J’ai adoré l’atmosphère du roman et l’écriture est efficace et légère. J’aurais presque envie de quitter le Québec pour l’Irlande, me poser devant la mer déchaînée et écrire. N’est-ce pas ce que l’on demande à un livre ? Nous emmener ailleurs. Dans ce cas là, le roman d’Agnès Martin-Lugand est une réussite. J’aurais préféré quelque chose de plus fouillé mais j’ai passé une magnifique soirée en Irlande.
Il y a une suite « La vie est facile, ne t’inquiète pas ». Je ne sais pas encore si je vais me laisser tenter, pour ne pas laisser Diane seule dans son café littéraire parisien.

Ceinwynn

Littérature, Roman

Vendredi Lecture: La marche en forêt de Catherine Leroux

Bonjour à tous,

Mon Vendredi Lecture est québécois avec La marche en forêt de Catherine Leroux. Il s’agit d’un livre chorale où le destin des personnages se croisent et se frôlent. Je vous en dirais plus bientôt. 

Bonne lecture !

Ceinwynn

Littérature, Nouvelles

Monsieur, tu es beau !

Stylo-plume-ecrivain-publicBonjour à tous,

L’année dernière, j’ai participé au concours de la création de Radio Canada, catégorie récit. Cette année, j’ai eu envie de tenter l’aventure dans la catégorie « nouvelle ». Le texte est sur mon ordinateur depuis le mois de septembre, mais je n’ai finalement rien envoyé.
Je vous propose donc de le lire, vous vous rendrez vite compte que je me suis inspirée d’univers connus. Ceux qui ont lu Némésis reconnaîtront certains thèmes. Je suis partie d’un texte que j’avais déjà publié ici il y a quelque temps. N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire.

Monsieur, tu es beau ! 

« Monsieur, tu es beau ». La voix est douce, sensuelle, mais aussi étrangement timide. Avec ses talons hauts et sa jupe courte, peu de doutes sur la profession de la jeune femme. En hiver, elle porte un manteau de fourrure qui lui Lire la suite « Monsieur, tu es beau ! »

Littérature, Samedi Poésie

Samedi poésie: Harmonie du soir de Charles Baudelaire

Bonjour à tous,

Je ne pouvais pas passer à côté de Charles Baudelaire dans les Samedi Poésie. Il est le passage obligé de tous les étudiants français avec Victor Hugo et Rimbaud, l’âge d’or de la poésie romantique française. Poète maudit dont les vices sont aussi reconnus que son talent. Il a décrit le grand écart entre noirceur et élévation comme personne via la section « Spleen et Idéal » de ses célèbres « Fleurs du Mal ». Je ne vous ferais pas ici le récit de sa vie ou l’explication de son oeuvre; seulement vous faire partager la puissance d’évocation de ses poèmes. Ses écrits sont tellement sensuels, dans la mesure où ils font participer tous les sens. Je me souviens avoir lu ses poèmes (et ceux de Victor Hugo) à mon plus jeune frère, il aimait tellement ça …
Je vais vous laisser avec l’Harmonie du soir, moi je vais prendre un café et me laisser emporter.

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Critique, Littérature

1Q84 de Haruki Murakami

1q84Bonjour à tous,

Je vous souhaite avant tout une excellente année 2017 inspirante et pleine de folie.
Pour bien commencer l’année, je vous propose la critique de 1Q84 de Haruki Murakami. Un auteur Japonais dont le talent est déjà reconnu. C’est un ami qui me l’a fait découvrir. Après Aki Shimazaki, je continue mon incursion dans la littérature japonaise. Je dois avouer que je regrette de ne pas m’y être intéressée avant, plus je la découvre et plus je l’aime. Tout comme pour Aki Shimazaki, j’ai eu un véritable coup de foudre pour l’univers d’Haruki Murakami; même si les deux auteurs sont aux antipodes l’un de l’autre. Avec Haruki Murakami, nous entrons dans un univers fantastique et onirique en plein Japon des années 80. Lire la suite « 1Q84 de Haruki Murakami »

Concours, Littérature

Prix Clément Marchand 2016: L’Absent (ma participation)

Ink_well_by_ZsofiaGyukerBonjour à tous,

J’ai participé au Prix Clément Marchand de la société des écrivains de la Mauricie. Je ne fais pas partie du palmarès mais c’est une belle expérience: j’ai pu voir à quoi ressemble les concours littéraires au Québec.
Je vous propose de lire ma participation. Il s’agit d’un texte commencé le 11 novembre 2014. Cela ne devait être qu’une simple lettre pour commémorer le 11 novembre mais je me suis laissée entraîner par les personnages. Je vous laisse donc en compagnie de Marie. Lire la suite « Prix Clément Marchand 2016: L’Absent (ma participation) »

Critique, Littérature

Nord Alice de Marc Séguin

Nord AliceBonjour à tous,

La dernière fois que je suis allée chez mon libraire, j’ai demandé une suggestion. C’est très rare que je le fasse, je suis plutôt du genre à « flasher » sur un livre et à l’acheter.
Mais je voulais découvrir des auteurs québécois. La libraire m’a conseillée « Nord Alice » de Marc Séguin  édité chez Leméac dont voici la 4ème de couverture:

« Le narrateur est obsédé par Alice, médecin comme lui, dont il n’arrivera jamais à calmer les angoisses. Lorsqu’il la laisse à Queens, c’est pour se retrouver à Kuujjuaq, son monde à elle. Entre deux patients, quand il n’en peut plus de penser à elle, il consomme des femmes sur le web – des centaines de femmes – ou va pêcher. Là, enfoncé jusqu’à mi-cuisse dans les eaux d’un torrent ou le ventre étendu sur la banquise qui fond, il calme sa faim en mangeant du poisson cru. Et il remonte le temps, pour essayer de s’expliquer. Il s’invente une histoire, s’inspirant des hommes qui l’ont précédé, depuis Roméo, l’arrière-grand-père, le premier de sa généalogie à avoir tué un homme, sur les rives du Klondike. Quelles traces ont laissées ceux qui ont traversé les années avant les nôtres ? Que sème-t-on derrière soi dans la fuite ?
Le Nord que propose Marc Séguin n’est pas seulement blanche immensité et splendeurs boréales ; ce Nord est aussi celui de l’exploitation d’uranium et des excès d’alcool. Mû par un profond respect pour le territoire et ceux qui l’ont marché pendant des siècles, l’auteur de Nord Alice témoigne néanmoins d’une déroute. Mais, justement, c’est peut-être jusqu’au bout de ses échecs qu’on devrait avoir l’humilité d’aller pour se trouver. »

Lire la suite « Nord Alice de Marc Séguin »

Critique, Littérature

Janette Bertrand: Ma vie en trois actes

janette bertrandVous l’aurez deviné je suis en pleine crise de lecture aiguë. Je vais vous parler aujourd’hui d’une grande dame de la télévision québécoise et féministe engagée: Janette Bertrand. Avant de lire son autobiographie, je ne la connaissais pas. C’est encore une de mes collègues qui me l’a faite découvrir en me donnant son autobiographie « Ma vie en trois actes ».
Janette Bertrand est née en 1925 dans un Québec que je ne connaissais absolument rien et je dois avouer que je ne m’attendais pas à ça ! Une société patriarcale et religieuse où la place de la femme est au foyer avec un nouveau bébé tout les deux ans. Alors que les femmes canadiennes en 1918, il faut attendre 1940 pour que les Québécoises obtiennent ce droit fondamental. La petite Janette grandit dans cette société qui cherche son identité et décide de montrer à son père qu’elle vaut mieux qu’un gars. Elle se battra malgré sa dyslexie pour continuer ses études et aller à l’université. Elle y rencontre son futur mari avec lequel elle commence une vie de bohème faite de télévision et de vie de mère au foyer (en sachant que le travail des femmes à son époque n’était vraiment pas bien vu). Elle finira par divorcer et refaire sa vie. Janette Bertrand mêle sa vie avec les avancées des femmes au Québec. Changements qu’elle a souhaité et accompagné dans ses shows télé.
J’ai beaucoup aimé l’écriture de Janette. Elle raconte sa vie simplement, sans tomber dans le voyeurisme et avec une simplicité touchante. Son écriture est vivante, on sent l’auteure de théâtre et de séries. Grâce à elle, j’ai découvert tout un pan de la culture québécoise que je ne connaissais pas. Pour les non-québécois, cette autobiographie n’aura de mérite que de faire découvrir les débuts de la télévision québécoise mais la plupart des références leurs échapperont; tout comme à moi. J’ai passé un très bon moment en compagnie de cette grande dame. Je le recommande à ceux qui voudraient prendre un grand bain de Québec.

Ceinwynn

 

Critique, Littérature

Sur les traces de Stefan Zweig avec Miss Alfie: Marie-Antoinette

marie-antoinetteMiss Alfie propose un challenge Stefan Zweig sur son blog et coup de chance, je suis actuellement en train de lire une de ses biographies. J’ai découvert cet auteur avec « 24 heures dans la vie d’une femme amoureuse » ( je vous en parlerai dans une autre critique). J’aime beaucoup son écriture sensible et son style direct.
Dans « Marie-Antoinette », Zweig revient sur la vie tumultueuse de la dernière reine absolue de France. Il en fait un portrait psychologique précis et évite de tomber dans les excès: ni idolâtrie ni dénigrement. Exercice difficile tant Marie-Antoinette a déchaîné les passions, à son époque comme à la nôtre. Bien plus que romancier, Stefan Zweig fait ici oeuvre d’historien. Son style d’écriture s’y prête à merveille et le soin qu’il met à raconter les moindres détails plonge le lecteur dans l’une des périodes les plus troublées de notre histoire. Il y dépeint Marie-Antoinette comme une jeune femme inscrite dans son époque, dernier feu d’artifices de la royauté absolue qui saura traverser dignement les épreuves de la Révolution. Cette reine frivole qui manque son rendez-vous avec la monarchie pour devenir une sorte d’héroïne tragique des débuts de la république.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une biographie. Je vais d’ailleurs continuer sur ma lancée avec Marie Stuart, pour voir si l’auteur sera aussi proche d’une reine de l’autre côté du Channel.

Ceinwynn