Critique, Littérature

Les gens heureux lisent et boivent du café

imagesBonjour tout le monde,

Une éternité après tout le monde ou presque, j’ai finalement lu « Les gens heureux lisent et boivent du café » d’Agnès Martin-Lugand. Je me souviens du battage lors de sa sortie mais bizarrement impossible de me souvenir de quoi le roman parlait … Mais j’aimais le titre (je bois beaucoup de café) et la couverture donc je me suis lancée.
Et là première surprise: il s’agit d’un roman à l’eau de rose alors que je m’attendais à un roman sur la résilience et l’écriture. L’héroïne fuit en Irlande pour oublier le décès de sa fille et de son mari et y retrouve l’amour. Mais bon, cela se passe en Irlande (mon pays rêvé avec l’Ecosse) donc je continue. Je dois avouer que je l’ai dévoré en deux heures. J’ai adoré l’atmosphère du roman et l’écriture est efficace et légère. J’aurais presque envie de quitter le Québec pour l’Irlande, me poser devant la mer déchaînée et écrire. N’est-ce pas ce que l’on demande à un livre ? Nous emmener ailleurs. Dans ce cas là, le roman d’Agnès Martin-Lugand est une réussite. J’aurais préféré quelque chose de plus fouillé mais j’ai passé une magnifique soirée en Irlande.
Il y a une suite « La vie est facile, ne t’inquiète pas ». Je ne sais pas encore si je vais me laisser tenter, pour ne pas laisser Diane seule dans son café littéraire parisien.

Ceinwynn

Critique, Littérature

1Q84 de Haruki Murakami

1q84Bonjour à tous,

Je vous souhaite avant tout une excellente année 2017 inspirante et pleine de folie.
Pour bien commencer l’année, je vous propose la critique de 1Q84 de Haruki Murakami. Un auteur Japonais dont le talent est déjà reconnu. C’est un ami qui me l’a fait découvrir. Après Aki Shimazaki, je continue mon incursion dans la littérature japonaise. Je dois avouer que je regrette de ne pas m’y être intéressée avant, plus je la découvre et plus je l’aime. Tout comme pour Aki Shimazaki, j’ai eu un véritable coup de foudre pour l’univers d’Haruki Murakami; même si les deux auteurs sont aux antipodes l’un de l’autre. Avec Haruki Murakami, nous entrons dans un univers fantastique et onirique en plein Japon des années 80. Lire la suite « 1Q84 de Haruki Murakami »

Critique, Littérature

Nord Alice de Marc Séguin

Nord AliceBonjour à tous,

La dernière fois que je suis allée chez mon libraire, j’ai demandé une suggestion. C’est très rare que je le fasse, je suis plutôt du genre à « flasher » sur un livre et à l’acheter.
Mais je voulais découvrir des auteurs québécois. La libraire m’a conseillée « Nord Alice » de Marc Séguin  édité chez Leméac dont voici la 4ème de couverture:

« Le narrateur est obsédé par Alice, médecin comme lui, dont il n’arrivera jamais à calmer les angoisses. Lorsqu’il la laisse à Queens, c’est pour se retrouver à Kuujjuaq, son monde à elle. Entre deux patients, quand il n’en peut plus de penser à elle, il consomme des femmes sur le web – des centaines de femmes – ou va pêcher. Là, enfoncé jusqu’à mi-cuisse dans les eaux d’un torrent ou le ventre étendu sur la banquise qui fond, il calme sa faim en mangeant du poisson cru. Et il remonte le temps, pour essayer de s’expliquer. Il s’invente une histoire, s’inspirant des hommes qui l’ont précédé, depuis Roméo, l’arrière-grand-père, le premier de sa généalogie à avoir tué un homme, sur les rives du Klondike. Quelles traces ont laissées ceux qui ont traversé les années avant les nôtres ? Que sème-t-on derrière soi dans la fuite ?
Le Nord que propose Marc Séguin n’est pas seulement blanche immensité et splendeurs boréales ; ce Nord est aussi celui de l’exploitation d’uranium et des excès d’alcool. Mû par un profond respect pour le territoire et ceux qui l’ont marché pendant des siècles, l’auteur de Nord Alice témoigne néanmoins d’une déroute. Mais, justement, c’est peut-être jusqu’au bout de ses échecs qu’on devrait avoir l’humilité d’aller pour se trouver. »

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Critique, Littérature

Janette Bertrand: Ma vie en trois actes

janette bertrandVous l’aurez deviné je suis en pleine crise de lecture aiguë. Je vais vous parler aujourd’hui d’une grande dame de la télévision québécoise et féministe engagée: Janette Bertrand. Avant de lire son autobiographie, je ne la connaissais pas. C’est encore une de mes collègues qui me l’a faite découvrir en me donnant son autobiographie « Ma vie en trois actes ».
Janette Bertrand est née en 1925 dans un Québec que je ne connaissais absolument rien et je dois avouer que je ne m’attendais pas à ça ! Une société patriarcale et religieuse où la place de la femme est au foyer avec un nouveau bébé tout les deux ans. Alors que les femmes canadiennes en 1918, il faut attendre 1940 pour que les Québécoises obtiennent ce droit fondamental. La petite Janette grandit dans cette société qui cherche son identité et décide de montrer à son père qu’elle vaut mieux qu’un gars. Elle se battra malgré sa dyslexie pour continuer ses études et aller à l’université. Elle y rencontre son futur mari avec lequel elle commence une vie de bohème faite de télévision et de vie de mère au foyer (en sachant que le travail des femmes à son époque n’était vraiment pas bien vu). Elle finira par divorcer et refaire sa vie. Janette Bertrand mêle sa vie avec les avancées des femmes au Québec. Changements qu’elle a souhaité et accompagné dans ses shows télé.
J’ai beaucoup aimé l’écriture de Janette. Elle raconte sa vie simplement, sans tomber dans le voyeurisme et avec une simplicité touchante. Son écriture est vivante, on sent l’auteure de théâtre et de séries. Grâce à elle, j’ai découvert tout un pan de la culture québécoise que je ne connaissais pas. Pour les non-québécois, cette autobiographie n’aura de mérite que de faire découvrir les débuts de la télévision québécoise mais la plupart des références leurs échapperont; tout comme à moi. J’ai passé un très bon moment en compagnie de cette grande dame. Je le recommande à ceux qui voudraient prendre un grand bain de Québec.

Ceinwynn

 

Critique, Littérature

Sur les traces de Stefan Zweig avec Miss Alfie: Marie-Antoinette

marie-antoinetteMiss Alfie propose un challenge Stefan Zweig sur son blog et coup de chance, je suis actuellement en train de lire une de ses biographies. J’ai découvert cet auteur avec « 24 heures dans la vie d’une femme amoureuse » ( je vous en parlerai dans une autre critique). J’aime beaucoup son écriture sensible et son style direct.
Dans « Marie-Antoinette », Zweig revient sur la vie tumultueuse de la dernière reine absolue de France. Il en fait un portrait psychologique précis et évite de tomber dans les excès: ni idolâtrie ni dénigrement. Exercice difficile tant Marie-Antoinette a déchaîné les passions, à son époque comme à la nôtre. Bien plus que romancier, Stefan Zweig fait ici oeuvre d’historien. Son style d’écriture s’y prête à merveille et le soin qu’il met à raconter les moindres détails plonge le lecteur dans l’une des périodes les plus troublées de notre histoire. Il y dépeint Marie-Antoinette comme une jeune femme inscrite dans son époque, dernier feu d’artifices de la royauté absolue qui saura traverser dignement les épreuves de la Révolution. Cette reine frivole qui manque son rendez-vous avec la monarchie pour devenir une sorte d’héroïne tragique des débuts de la république.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une biographie. Je vais d’ailleurs continuer sur ma lancée avec Marie Stuart, pour voir si l’auteur sera aussi proche d’une reine de l’autre côté du Channel.

Ceinwynn

Critique, Littérature

Coup de foudre littéraire: Aki Shimazaki

AzamiVendredi dernier, je suis passée à la librairie qui se trouve à côté du bureau. J’avais une heure à tuer avec un café, je voulais donc m’acheter un livre. En fouillant un peu,je suis tombée sur un format inhabituel : un peu plus haut qu’un livre de poche mais beaucoup plus étroit. Il s’agissait de romans de l’auteure japonaise Aki Shimazaki qui vit à Montréal. Un peu à l’instinct, je fonctionne comme ça, je me suis décidée pour deux de ses romans.
Aki Shimazaki écrit sur le Japon intime, tout ce qu’on ne devine pas derrière les apparences de perfection montrées au monde. Dès les premières pages, je suis tombée amoureuse du style et du sujet. Le style est aussi délicat que l’ikébana et aussi poétique que les haïkus. L’auteure nous décrit l’intimité de ses personnages sans voyeurisme mais aussi sans détour. Aki nous fait entrer dans la vie feutrée des familles japonaises où couvent souvent des sentiments forts. Tout le carcan de la société japonaise apparaît dans les frustrations des personnages qui cherchent à s’évader de leur quotidien et dont les secrets les plus profonds remontent à la surface soudainement. Lire la suite « Coup de foudre littéraire: Aki Shimazaki »

Critique, Littérature, Roman

Les livres qui m’ont marquée: « La Nuit des Temps » de René Barjavel

barjavelBonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de « La Nuit des Temps » de René Barjavel. C’est un auteur que je connais mais que je lis très peu. Je ne connaissais que son « Merlin ». On dit de lui qu’il est l’auteur de science-fiction français majeur. Quand un ami m’a proposé de  lire « La Nuit des Temps » j’ai accepté par curiosité. Et je suis vraiment tombée dedans dès les premières pages; cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps.
Pour résumer brièvement le roman sans vous dévoiler la fin: des scientifiques français découvrent en Antarctique une sphère en or contenant des corps humais ayant vécu il y a 900 000 ans. Il s’agit d’un homme et d’une femme dont le savoir doit ramener leur civilisation à la vie. Tout deux viennent d’une civilisation extrêmement évoluée détruite par une guerre totale. La première à s’éveiller est la jeune femme d’une beauté confondante, Eléa. Elle raconte son histoire d’amour avec Païkan  qu’elle a quitté contrainte et forcée. L’homme qui l’accompagne est le plus grand savant de leur temps, Coban. Il est le dépositaire d’un savoir unique: l’équation de Zoran, la source de l’énergie universelle et la clé de l’immortalité. Alors que l’équipe médicale est sur le point de réveiller Coban, Eléa décide de se venger de lui et de l’empoisonner; elle y laisse également sa vie. Lire la suite « Les livres qui m’ont marquée: « La Nuit des Temps » de René Barjavel »

Critique, Littérature, Roman

Les livres qui m’ont marquée: « Dune » de Franck Herbert

EmpereurDieuDeDune1Bonjour à tous,

Comment vous parler de  « Dune », de Frank Herbert sans ne rien oublier ? Ce cycle de 6 romans est un chef d’œuvre de la science-fiction. En faire un résumé exhaustif est pratiquement impossible, vu l’immensité de l’œuvre.
Les hommes ont conquis l’univers et se sont répandus. Dans ce nouvel ordre, une planète est au cœur de toutes les intrigues : Arakis, appelée Dune. Désertique, ce monde est le seul lieu de production de l’Epice ; cette drogue permet d’accéder à la prescience et par conséquent aux voyages interstellaires. Le cycle suit l’évolution de Dune et de la famille qui en devient le maître : les Atréides. Lutte de pouvoirs, trahisons, amour, philosophie, politique et théologie sont au cœur de l’univers trépidant créé par Frank Herbert. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous laisser dans le flou. Voici quelques détails sur les ordres, familles et personnages importants de la saga. Lire la suite « Les livres qui m’ont marquée: « Dune » de Franck Herbert »

Critique, Littérature

Coup de coeur littéraire: AutoGRObiaphie de Pierre Dupuis

Ink_well_by_ZsofiaGyukerBonsoir à tous,

Ce soir je vous propose une première: une critique de livre. Je n’en fais jamais mais j’ai tellement aimé ce livre que j’ai envie de vous le faire partager.
Il s’agit de l’AutoGRObiaphie de Pierre Dupuis édité chez Racine et Icare. Alors je vous vois venir: « elle fait partie de l’association, elle fait leur pub. » Je sais bien que vous dire que c’est faux ne servira à rien mais je le dis quand même:  c’est faux !

C’est juste une envie de faire découvrir un texte qui m’a vraiment touchée et un genre littéraire méconnu: l’autofiction. L’autofiction est un genre un peu à part où l’on met en scène sa propre vie. Mettre en scène ne veut pas dire que l’on raconte la vérité mais que l’on part d’éléments de sa vie pour en faire autre chose. Ma seule incursion dans ce domaine a été la lecture de Marguerite Duras et de son célèbre Amant. Voilà pour le préambule, maintenant passons au texte. Lire la suite « Coup de coeur littéraire: AutoGRObiaphie de Pierre Dupuis »