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Daily Prompt: Invitation

Bonjour à tous,

Le daily prompt du jour est un mot plein de promesse Invitation. Quel doux mot ! Plein de promesses et d’espoir. Mais surtout, il me fait penser à Baudelaire et sa célèbre « Invitation au Voyage ». Ce poème est un concentré de sensualité et de douceur. Baudelaire est maître dans l’art de créer des atmosphères, ce poème est l’une de ses plus belles réussites.

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Je vous parlerai un peu plus de Baudelaire dans un prochain samedi poésie

Ceinwynn

Samedi Poésie

Samedi poésie: La Femme Noire Léopold Sédar Senghor

SenghorBonjour à tous,

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique: Samedi Poésie, je vais vous faire partager mon amour pour le poète africain Léopold Sédar Senghor. Ce billet me permettra également de mettre à l’honneur  » le mois de l’Histoire des noirs » qui se déroule actuellement au Canada. Je ne mets pas à l’honneur un Canadien mais Senghor mérite qu’on lui rende hommage comme conciliateur entre « Négritude » et « Francophonie ».
Pour commencer voici une petite biographie de l’homme (merci Wiki):

« Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France, est unpoète, écrivain, homme politique français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980) et il fut aussi le premier Africain à siéger à l’Académie française. Il a également été ministre en France avant l’indépendance de son pays.

Il est le symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies pour ses partisans ou du néocolonialisme français en Afrique pour ses détracteurs.
Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l’espoir de créer une Civilisation de l’Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Par ailleurs, il approfondit le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire qui la définit ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture. »

J’ai découvert Senghor en 1ère, Les Ethiopiques étaient au programme du Bac Français. Je me souviens que mon professeur nous disait que la poésie de Senghor ne pouvait que se déclamer ou mieux encore se chanter. Car si Senghor écrit en français, magnifiquement, c’est pour mieux exprimer l’âme de l’Afrique. Sur certains textes, le poète a pris la peine de préciser dans son titre que les vers doivent d’accompagner d’instrument: Congo (pour trois kôras et un balafon) par exemple. Je vous parlais l’autre jour de mon amour pour le rythme des mots; avec Senghor je suis ravie. Je me laisse entraîner par la force des images et la puissance du rythme pour mieux m’évader. 

Senghor, tout comme Victor Hugo, est à la fois un poète engagé et amoureux. Dans les deux cas, on retrouve la même force d’évocation. Je vous propose aujourd’hui l’un de ses poèmes les plus célèbres: Femme Noire tiré du recueil Chants d’ombre.  Néanmoins, je vous invite à découvrir toutes les facettes de l’oeuvre de ce chantre de la francophonie.

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Littérature

« Trois baisers » Arthur Rimbaud

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres penchaient leur feuillée
Malignement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

– Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner comme un sourire
A son sein blanc,-mouche au rosier !

– Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent: « Veux-tu finir ! »
– La première audace permise,
Elle feignait de me punir !

– Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux:
– Elle jeta sa tête mièvre
En arrière: « Ah ! c’est encor mieux ! »

Monsieur, j’ai deux mots à te dire … »
– Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser. – Elle eu un rire,
Un bon rire qui voulait bien …

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres penchaient leur feuillée
Malignement, tout près, tout près.

 

Littérature

« Sonnet 57 » William Shakespeare

Being your slave what should I do but tend
Upon the hours, and times of your desire?
I have no precious time at all to spend;
Nor services to do, till you require. 
Nor dare I chide the world without end hour,
Whilst I, my sovereign, watch the clock for you,
Nor think the bitterness of absence sour,
When you have bid your servant once adieu;
Nor dare I question with my jealous thought
Where you may be, or your affairs suppose,
But, like a sad slave, stay and think of nought
Save, where you are, how happy you make those.
So true a fool is love, that in your will,
Though you do anything, he thinks no ill.

Littérature

La Fée Verte

Bonsoir à tous,

Pour la première fois ici je poste des vers. Ne cherchez pas la métrique, je ne lui ai pas donné d’importance. Je préfère les sonorités, les images à la technique.

J’espère que vous apprécierez

La fée verte

 Je rêve d’absinthe, de paradis perdu et de mots interdits Lire la suite « La Fée Verte »